Olivier Brossard

olivier brossard - PRELUDIJAS04

Prelūdijas

Au réveil il me semble avoir été si près d'une litérale dissolution que je ne parviens pas
à discerner ce qui me sauve de ce qui me perd. Il y a cette femme qui revient sans cesse.
Elle m'attire et m'effraie, m'invite à la suivre puis disparaît.

Elle a tous les âges et prend toutes les formes.
Elle est la Nature même, mon profond désir, la vie qui me traverse et s'enfuie.

Je sonde cette nuit d'été dans les forêts de Courlande comme un conte menaçant
qui pourtant me grise. Epuisé dans cette course éperdue,  je n'ai d'autre vœu que de retrouver la Dame et de me laisser faucher par sa sombre mélodie.

Sans comprendre que dans ce prélude rien n'est palpable, je mords à mes propres
illusions. La consolation de l'aube apaise mon souffle tout autant.
Je l'entends encore me dire tout comme l'aurait fait Juris Kronsbergs que "les cathédrales de l'été montent au ciel, aussi discrètes que le chant juste avant de quitter
nos lèvres".
 

 

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